J’aime « Queue de poisson » de Carl Hiassen

queue-de-poisson-carl-hiaasenJ’aime bien le nom de l’auteur, j’aime la couverture (elle est pas trop marrante cette couverture ?), j’aime le titre, j’aime les éditions 10|18.

Et évidemment j’aime le pitch : un thriller drôle avec une tentative d’assassinat raté. Soit exactement le genre (thriller) de livres que j’évite, mais puisqu’il n’y a pas ce qui me fait habituellement fuir devant ce genre de lecture : un tueur, un mobile, un meurtre, des détails sordides et sanguins, une victime, de la psychologie, du drame, de la noirceur, je me suis dit que ça pourrait peut-être me plaire après tout.

Il avait tout prévu : la croisière en paquebot, la promenade sur le pont et le moment où il la balancerait par-dessus bord. Encore mieux qu’un divorce. Mais ce que Chaz n’avait pas imaginé, c’est que Joey puisse survivre à tout ça. Et voilà que son « épouse regrettée » est repêchée par un ex-flic reconverti en Robinson, à quelques milles des côtes de la Floride. Elle pourrait le dénoncer, mais ça ne serait pas drôle…

En fait je l’ai trouvé par hasard parce que l’une de mes clientes allait l’acheter, puis finalement a changé d’avis. Elle a dit qu’elle était difficile dans ses choix de livre, alors je me suis dit que si celui-là l’avait intéressé, c’est qu’il devait être intriguant.

Tout était réuni pour que j’aime le contenu de ce livre. C’est d’ailleurs lui qui m’a inspiré l’article sur les livres qui me donnent envie d’éteindre mon ordi.

Donc, c’est l’histoire d’un mari queutard qui aime l’argent, une femme riche qui n’en a rien à faire de l’argent, un flic qui s’ennuie là où il fait beau et aime les gros serpents, un ancien flic mis en pré-retraite qui s’ennuie aussi. Et puis il y a aussi le gros escroc, son « gorille »-de-main, la maîtresse pas si bête, la mémé qui changera tout, et toute une rimbambelle de personnages improbables.

Le tout est raconté de façon hilarante par un auteur que je ne connaissais pas. Par contre c’est traduit par un québécois, du coup il y a des mots que je ne comprenais pas parfois…

Quelques morceaux choisis :

— J’ai encore rêvé de Chaz cette nuit, fit-elle.
— Vous le tuiez ?
— Pire.
Joey leva les yeux au ciel.
— Vous croyez ça, Mick ? Même après ce qu’il m’a fait, je baise avec ce type quand je dors.
— Vous êtes en manque affectif, point barre. Comme quand on essaye d’arrêter le café, le monde entier sent soudain comme chez Starbucks.

***

La façon la plus débile de se faire pincer, songer Joey morose. Pour une fois que j’oublie de tirer la chasse.

***

— Je sais pas trop, dit Chaz Perrone, mais ça doit pas être étranger au fait que c’est un sociopathe totalement frappé et débile.
— Juste.
— Il raconte partout qu’il se balade avec une balle dans le trou du cul.
— À chacun ses problèmes, fit Rolvaag.

***

— Le frère de Mme Perrone est ici. On dirait qu’il vient auditionner pour une pub sur le bush australien.
Corbett Wheeler se trouvait en zone d’attente, bavardant avec sérieux avec une femme édentée, maigre comme un clou, dont la progéniture accro au crask venait de se faire prendre à voler les airbags d’une voiture de police non banalisée. Wheeler, affublé d’un chapeau à large bord, affublé d’un long cache-poussière, s’appuyait sur une sorte de gourdin qui paraissait assez solide pour enfoncer des piquets de clôture.

***

— Il n’y a pas de criminalité là-haut ?
— Si, bien sûr, mais elle est saisonnière, expliqua Rolvaag. Commettre un effraction, c’est dur par moins quinze. La pince-monseigneur a tendance à vous geler entre les doigts.

***

Il s’y dirigea en barbotant à une allure de forcené, aiguillonné par la crainte d’être violé deux fois par un lézard égrillard de deux cent cinquante kilos.

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