J’aime les cadeaux improbables de mes clients

Quand on travaille avec des clients, il y a parfois quelques avantages en nature. C’est vrai qu’il faut supporter parfois un tas de cons, mais je préfère me souvenir des sympas, drôles et généreux. Et j’en ai quelques uns quand même dans ma courte carrière (3 ans de réception hôtelière, 2 ans de commerçante locale).

pizza-premium-situationLe dernier en date, un client qui vient toutes les semaines faire son loto. Un soir il passe devant ma boutique les bras chargés de 4 pizzas toutes chaudes qui sortaient de chez mon voisin pendant que je fermais mon magasin. Je lui ai dit qu’elles sentaient bon, il m’a répondu qu’il en avait une en trop (3 offertes, une gratuite, mais ils ne sont que 3 à manger). Pour plaisanter, je lui ai laissé entendre que s’il ne savait pas quoi en faire, je lui trouverais une famille d’accueil. Du coup il me l’a donné. C’est pas trop gentil ça ?

Suite à la fermeture d’un de mes confrères à quelques km de ma boutique, j’ai reçu de nouveaux clients. Il y a un grand monsieur qui a un gros 4×4 de baroudeur, costaud le garçon, plus un cheveux sur la tête, une grande moustache et gentil comme un nounours. Il venait régulièrement faire son loto et un beau jour il a gagné un peu plus de 1000 € au loto. Comme c’est moi qui lui ai appris la nouvelle parce qu’il ne regarde pas les résultats, il m’a promis un cadeau, il m’a ramené une bouteille de Champagne rosé ! Adorable.

soliflore-a-ventouse-pepino-contento-transparentQuand j’étais réceptionniste, j’ai rencontré un tas de gens, parfois un peu illuminés, spéciaux. Ce Monsieur devait faire partie d’une sorte de confrérie. Je ne me rappel plus pourquoi mais il a décidé de me faire des cadeaux, il m’a offert un soliflore en plastique qui se colle avec une ventouse. C’est marrant. Bon la ventouse ne colle pas bien donc à chaque fois que je mets une fleur dedans il tombe. Il m’a aussi offert un carnet. Je suis en train de me demander si j’ai écris dedans. Je crois que oui.

Toujours à l’hôtel je m’occupais des réservations des petits groupes, souvent des étrangers. J’ai échangé énormément de mails avec un tour opérateur mexicain pour planifier le séjour de son groupe de 9 personnes. Les échanges étaient tout à fait sympathiques et réguliers. Du coup quand il est arrivé, il m’a offert une petite figurine mexicaine, qui, m’a-t-il raconté, était artisanale et il l’avait ramenée exprès pour moi. J’ai des doutes là dessus, mais c’est quand même très sympathique. J’ai un souvenir du Mexique maintenant !

J’ai aussi eut des rencontres spirituelles. Un groupe de moines (ou de je ne sais trop quel truc en rapport avec la religion chrétienne) a débarqué un après-midi d’hiver franchement triste pour prendre des boissons chaudes. Ça a eut le mérite de m’occuper (oui parce qu’à la réception on s’occupe aussi du bar). Lorsque tout ce petit monde a eut fini de se restaurer, l’un d’entre eux m’a fait un splendide discours sur la foi et tout le tintouin (qui est rentré par une oreille et immédiatement ressorti par l’autre, parce que vous connaissez mon avis sur les religions), que j’ai écouté très poliment en souriant et hochant la tête au moment opportun. Il a pris congé en me laissant un médaillon de je ne sais plus trop quelle sainte. Ça doit traîner quelque part à la maison.

rose_orange_artificielle_real_touchIl y a eut un cadeau assez récent, qui m’a complètement retournée. Celui-ci est un client de ma boutique, il vient toutes les semaines acheter son bouquin de télé. Il est rapide, pas chiant, toujours poli, il ne s’attarde pas, souriant, il a toujours de la monnaie. Le client idéal quoi. Et puis un beau jour, il est passé prendre son magazine, puis il est revenu 30 minutes plus tard pour m’offrir une rose rose-orangée. Euuh. Il y avait un petit mot avec : « À vous, à cette journée, à cette pensée. » Pas de signature. C’est ce que l’on appelle un homme romantique. Je ne pensais sincèrement pas que des gens étaient capables de faire des choses pareilles dans la vraie vie. Je pensais que c’était réservé aux comédies romantiques. Mais nan. Le type s’est jeté à l’eau. On a jamais rien échangé de plus que des sourires cordiaux, des bonjours, et peut-être trois mots sur la météo. Heureusement après m’avoir offert sa fleur il est parti. Au début je me suis dit que c’était simplement par gentillesse (je sais, je suis naïve). Mes collègues ont commencé à me chambrer parce qu’il était amoureux, et bla bla bla. Grand, égal à lui-même, n’en avait rien à cirer (même pas peur, comme si le type pouvait me piquer ma copine avec une rose). Et j’ai commencé à redouter la semaine suivante et son retour. Le fait est, c’était affreusement gênant, je ne savais pas du tout où me mettre, comment réagir, quoi lui dire. Il m’intéressait pas du tout, j’ai eut peur qu’il se fasse des films alors que je ne l’ai aucunement dragué. Je voulais couper court à ses espoirs, mais en même temps, c’est un peu cruel, et puis c’est un client. Alors j’ai fait celle qui ne comprenait pas, mais comme il a été timidement très clair, j’ai du lui dire que j’avais déjà quelqu’un dans ma vie. Il l’a pris avec le sourire. Il n’est plus venu pendant quelques semaines. Puis il a fait une réapparition, et j’ai honte, mais je l’ai un peu ignoré, j’ai laissé ma collègue le servir. Depuis, il ne vient plus. J’ai les boules d’avoir perdu un client. Mais en même temps comment je fais si tous mes clients tombent amoureux et que ça n’est pas réciproque ?! Ça m’a vraiment chamboulée cette histoire. Ça existe donc les hommes romantiques ?

la maison du chocolatEnfin le meilleur pour la fin, à l’hôtel. J’ai reçu un jour à mon intention un paquet sur mon lieu de travail provenant tout droit de la Maison du Chocolat, une chocolaterie plutôt réputée à Paris. Je ne sais pas si la personne le savait, mais je suis complètement fana de chocolat. En tout cas, cette boîte (oui celle qu’il y a en photo, c’était exactement celle là !) m’était destinée, sur mon lieu de travail, mais le nom ne me disait rien et la personne ne connaissait pas mon adresse personnelle, donc forcément un client de l’hôtel. Il y avait avec la boîte un mot d’excuse. Décidément, je n’y comprenais rien. Ma collègue m’a alors rappelé qui était ce client, ha oui, le M. sympa à qui j’avais sorti les oreillers du placard dans sa chambre pendant qu’il dîner (oui parce qu’à la réception, on va aussi aider les clients quand ils ne trouvent pas un truc dans leur chambre). Ce même client qui m’avait accusé le lendemain auprès de ladite collègue d’avoir volé 10 € dans sa chambre pendant que j’avais sorti les oreillers. Il était assez remonté apparemment et voulait en causer deux mots à la direction. La direction l’a écouté, et puis il s’en est allé. Personne ne m’a parlé de ça (ils savent bien que je ne suis pas une voleuse du tout), mais ça m’a touché qu’ils n’aient pas une seconde douté de moi. Et puis quelques jours plus tard, le client a retrouvé ses fameux 10 €, il a rappelé l’hôtel, est tombé sur ma collègue, a fait toutes les excuses possibles et imaginables, a demandé mon nom pour me faire parvenir un présent. La fameuse boîte de chocolats avec le mot d’excuse. Je crois que je n’ai jamais savouré d’aussi bon chocolats. La boîte était gigantesque alors j’en ai fait profiter tous mes collègues. Certains ont surement du s’imaginer des trucs que j’avais pu faire pour avoir une boîte de chocolats pareil. Intriguée par cette boîte, j’ai fait mes petites recherches… La boîte valait plus de 100 € !!!! Plus les frais de port. C’est énorme. Tout ça pour 10 €. À grandes accusations, grandes excuses, n’est-ce pas ? Je veux bien me faire accuser plus souvent !

En racontant tout ça je remarque qu’aucune femme ne m’a fait de cadeau… Comment est-ce que je dois le prendre ?

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